Chardonnerets et Canaris

Le Canari Opale

Le canari opale

Introduction


Dans la série des canaris couleurs se distinguent deux grandes catégories : les canaris mélaniques (dits « mélanines ») et les lipochromes.
Pour simplifier, disons que les lipochromes sont ceux qui ne présentent qu’une couleur de fond : jaune, blanc, rouge, ou orange (quand il n’y a pas de coloration naturelle ou artificielle) sans aucune autre pigmentation, alors que les mélanines sont ceux qui présentent dans leur plumage une pigmentation foncée (des stries noires, grises, beiges ou brunes), en plus de la couleur de fond. En fait, la pigmentation correspond à la présence de pigments (colorants) noirs ou bruns qu’on appelle l’eumélanine (qui peut être noire ou brune) et la phaéomélanine (brune).

La mutation opale est une mutation qui agit très fortement sur la mélanine, elle ne concerne donc que les canaris mélaniques.
Cette mutation n’est pas la seule affectant les mélanines car il en existe d’autres comme les mutations pastel, phaéo, satiné, ailes grises, onyx, topaze ou eumo.
Dans le jargon des canariculteurs, toutes ces mutations entrent dans la catégorie dite des « Nouvelles Couleurs ». Soit dit en passant, certaines de ces mutations ne datent pourtant pas d’hier…

Pour les mélanines il existe donc la classification suivante :
« Mélanines classiques » et mutations « Nouvelles Couleurs ».

Origine et effets de la mutation opale


Origine


La mutation opale serait apparue vers 1949 en Allemagne, mais n’aurait été réellement exploitée qu’une dizaine d’années après.

Effets


Cette mutation va modifier la structure de la plume de l’oiseau et va avoir des conséquences sur la localisation et la réduction de la mélanine. La combinaison de ces différents phénomènes entraînera globalement un éclaircissement du plumage de l’oiseau avec apparition d’un effet optique bleuté.
Les stries sont gris-bleuté.

En fait, l’eumélanine brune est fortement réduite, l’eumélanine noire, quant à elle, est concentrée sur la partie médiane de la plume (mais aussi sur la face inverse) et la phaéomélanine n’est pratiquement pas présente.
Le dessous de la plume est donc plus pigmenté que le dessus, ce qui est l’inverse de ce qui se passe habituellement. Ce phénomène est surtout accentué pour les rectrices et les rémiges.
On a l’habitude de dire qu’un opale « a mis son manteau à l’envers » ou « a retourné sa veste ».
Il s’agit en quelque sorte d’une mélanisation « inversée ».
Si vous avez un doute sur la couleur opale d’un canari, prenez le en main et regardez les plumes du dessous de la queue. Si elles sont plus sombres ou plus foncées que le dessus, alors c’est bien un opale.

Les différents opales


Les canaris opales se rencontrent dans les quatre types (noir, agate, brun et isabelle), dans les trois couleurs de fond (blanc, jaune, rouge) et dans les trois catégories (intensif, schimmel, mosaïque).

Quelques photos :


Le noir opale


Pour rappel : le noir se décline selon la couleur lipochromique de fond en :
• noir-jaune (nouvelle appellation du vert)
• noir-blanc (nouvelle appellation du bleu)
• noir-rouge (nouvelle appellation du bronze)

Le noir opale étant un canari oxydé, il doit avoir un patron de stries maximales. La mélanine doit se trouver dans une tonalité gris-bleuté. Les stries doivent être longitudinales et continues le plus possible et respecter la règle du 50/50, c’est-à-dire l’égalité de largeur entre la strie et l’inter-strie.
Pattes, bec et ongles, comme pour tous les noirs, doivent être noirs.

L’agate opale


L’agate opale, avec le noir opale, est l’opale le plus connu. Le brun commence toutefois à percer de plus en plus.
L’agate opale doit avoir des stries gris-bleuté bien présentes mais interrompues. Une couleur de fond claire, comme le blanc, est propice à faire ressortir les stries. De même, les mosaïques offrent de beaux spécimens dans les opales.
Comme pour les agates classiques les ongles, le bec et les pattes devront être clairs.

Le brun opale


Le brun opale a des stries beaucoup moins marquées et plus faibles que les deux séries précédentes et, à mon avis, ce qui est tout-à-fait subjectif, se prête beaucoup moins à affirmer la caractéristique de la mutation opale. Beaucoup d’éleveurs hésitent donc à élever cette couleur.
Il dispose de fines stries gris-brun dans une tonalité d’ensemble beige.

L’isabelle opale


L’isabelle opale ne présente pas d’intérêt dans cette mutation car les stries sont tellement faibles qu’un isabelle opale ressemble plutôt à un lipochrome.



Génétique des opales

Caractéristiques de la mutation opale


C’est une mutation récessive libre (non liée au sexe).

Récessive signifie que l’action de la mutation est masquée par un allèle dominant.
S’agissant de la mutation opale, le gène responsable de la mutation (le gène « op ») doit être présent en double exemplaire pour s’exprimer extérieurement.
Libre signifie que cette mutation n’est pas liée au sexe. Le gène opale n’est donc pas localisé sur les chromosomes sexuels (X ou Y), mais sur des chromosomes non sexuels (appelés autosomes).

Hérédité


Le gène opale est codifié « op » et son allèle sauvage dominant « op+ ».

A partir de cette codification on obtient 3 possibilités :
1) op/op : 2 gènes opales (1 sur chaque chromosome) – On est donc en présence d’un opale.
2) op/op+ : 1 gène opale et 1 gène sauvage dominant – Il s’agit donc d’un porteur d’opale.
3) op+/op+ : 2 gènes sauvages, c’est-à-dire aucun gène opale – C’est un individu non-opale (et non porteur du facteur opale).

A partir de ces gènes il est possible de connaître toutes les possibilités de croisement de canaris ayant au moins un gène opale, que ceux-ci soient opales ou porteurs d’opale.
Ce qu’il faut savoir avant de regarder le tableau suivant, c’est que rien ne distingue, extérieurement, un oiseau non-opale d’un oiseau porteur d’opale.
Leur phénotype (aspect extérieur) est identique. Par exemple un agate jaune porteur d’opale sera identique à un agate jaune.
Par contre, un porteur d’opale c’est un oiseau d’aspect normal mais qui a la possibilité de transmettre le gène opale (op) à ses descendants. Mais ses descendants ne seront opales que s’ils ont le gène opale en double exemplaire (op/op). Il faudra donc que ceux-ci héritent d’un deuxième gène opale (provenant donc de l’autre parent) pour qu’ils soient opales.




Comme on peut le remarquer, les croisements les moins intéressants sont :
- porteur d’opale X porteur d’opale
- porteur d’opale X non-opale (ou l’inverse)
Ces deux types de croisement ne sont pas intéressants car il est impossible de distinguer physiquement les jeunes porteurs d’opale des jeunes non-opales.
Les croisements recommandés sont :
- opale X opale
- opale X porteur d’opale (ou l’inverse)

Dernière précision avant que vous ne vous lanciez dans l’élevage des opales :
N’oubliez pas que les opales obéissent aux mêmes lois génétiques que les lipochromes en ce qui concerne la couleur de fond (jaune, blanc ou rouge).

Evitez donc de croiser deux opales blancs ensemble s’il s’agit de blancs dominants. Car le caractère blanc dominant est mortel (létal) quand il se trouve en double exemplaire.
Préférez opale blanc X opale jaune.

Par contre vous pouvez croiser ensemble deux opales blancs récessifs.

Conclusion

Cet article n’a pas la prétention d’être exhaustif, mais il aborde de manière simple et synthétique la mutation opale chez nos canaris. N’hésitez pas à élever cette couleur très intéressante.



02/01/2009
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