Chardonnerets et Canaris

Le Canari Mosaique


LES FACTEURS MOSAIQUES
par Michel Darrigues
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Copyright tous pays
Les photos de tarin rouge du Vénézuela sont de Michel Viaud.
Les photos de canaris sont de Jean-Paul Glémet. Les canaris photographiés sont de l'élevage de F. Fauconnet.
Les commentaires des photos sont de J-P Glémet
Enfin un article de fond sur la sélection des canaris mosaïques qui a le mérite et le courage de critiquer ce que l’auteur appelle « la pensée unique du mosaïque ». Le but est d’ouvrir un débat constructif. En effet aucune porte n’est fermée mais pourquoi s’engager dans une seule voie si celle-ci s’avère mener nos élevages dans une impasse à long terme. A chacun de se faire une opinion. Merci à Michel Darrigues de nous faire partager ses connaissances et sa conception de la sélection en canariculture.

Les facteurs mosaïques, au pluriel. Pourquoi un tel titre ?
C’est qu’en effet il y a plusieurs dimorphismes provenant d’origines diverses :
1. du tarin du Vénézuéla
2. de canaris postures anglais type gloster
3. de croisements avec le serin cini et d’autres espèces
Voyons d’abord l’évolution historique de cette variété de canaris puis nous parlerons plus en détail des voies de sélection

Rappel historique
Le facteur mosaïque primordial

Le facteur mosaïque de base pour les canaris à facteur rouge a été capté chez le tarin du Vénézuéla :  c’est le facteur mosaïque de qualité primordiale. A noter qu’il existe deux types de tarins du Vénézuéla dont un qui possède une bande blanche qui remonte bien vers la poitrine en partant de l’abdomen. C’est ce type de tarin qu’il faut accoupler pour améliorer les mosaïques. A noter aussi qu’il faut avoir des tarins du Vénézuéla purs car beaucoup de tarins aujourd’hui sont issus de croisements avec des tarins de Magellan dans le but d’agrandir la taille et quand on les utilise dans les souches de canaris ce n’est pas la même chose. Le tarin pur se reconnaît à la répartition bien nette du noir sous la tête et la poitrine  alors qu’un tarin impur verra sa bavette légèrement descendre en pointe vers la poitrine. Il faut aussi savoir que les tarins rouges ont aussi été croisés avec des tarins des aulnes pour introduire les mutations brune, isabelle etc et là aussi ces tarins rouges ont maintenant leur patrimoine génétique modifié.

Abdomen bien blanc d'un mâle 
tarin rouge du Vénézuela
Carduelis cucullata
Femelle rouge mosaïque
Trait à l'oeil fin et bien délimité, épaules bien rouges, manteau blanc craie, 
plumage serré = très bon oiseau de concours. Seul défaut: rémiges trop jauneâtres.
Les premières mosaïques apparurent en Hollande de l’accouplement tarin x canari rouge (lipochrome). Ensuite le travail rigoureux de sélection amena de très belles femelles mosaïques tant en lipochromes que dans la série des mélanines. Mais aujourd’hui dans cet article je parlerai essentiellement du mosaïque rouge chez les lipochromes.
Ces femelles rouges mosaïques présentaient une couleur blanc craie sur le dos et des points d’élection d’un beau rouge éclatant et lumineux ainsi que des traits oculaires très fins bien distincts. Je me souviens d’une femelle dont je fis l’acquisition par l’intermédiaire de Mario Ascheri. La plume de cette femelle pouvait être comparée à de la soie tellement elle était douce et fine. Son lipo aux points d’élection était d’un rouge lumineux et intense, le manteau blanc craie.

Remarque : soit dit en passant que point n’est besoin de lavages spéciaux à base de produits bleutés pour blanchir les mosaïques quand ce sont des sujets de grande qualité avec ce type de plume.

Les mâles de l’époque n’étaient pas spectaculaires et ne pouvaient pas être des oiseaux de concours, du moins selon les critères actuels. Le lipo rouge apparaissait très intense à tous les points d’élection du mosaïque et les meilleurs sujets avaient un abdomen très blanc remontant très haut sur la poitrine. En revanche le reste du manteau était rose comme sur un mauvais saumon (ancien nom de nos rouges schimmels actuels) mais sans écailles et possédant une plume extra fine très lumineuse.
Voilà pour le facteur qualitatif du mosaïque.
Changement du structure de plume, arrivée du mosaïque nouveau type
Par la suite un facteur quantitatif fût introduit dans le mosaïque par des éleveurs italiens. Mario Aschéri en visite à l’exposition de Reggio-Emilia en 1969 fût émerveillé par un stam de mâles qui possédaient un facteur mosaïque très différent et étaient beaucoup plus spectaculaires que nos mâles de l’époque. Ce fût une révolution. Ces mosaïques furent appelés « nouveau type »  et les autres « ancien type ». Bien sûr M. Aschéri fit l’acquisition de ces oiseaux et par la suite je récupérais un mâle. A l’étude de ce dernier je compris que la structure de plume avait changé. Le blanc était un peu moins lumineux, la tête était plus forte, l’ensemble de l’oiseau était plus lourd que les mosaïques que nous élevions. Ce qui était extraordinaire c’est que ces oiseaux sortaient (pour ceux de qualité) avec un grand masque complet pour les mâles et des traits à l’œil pour les femelles.
Tous les éleveurs de mosaïques se précipitèrent et tout le monde éleva ce « nouveau type » de mosaïque. Mais toute médaille a son revers. La sélection qui suivit fût menée dans le mauvais sens. A force de garder les oiseaux toujours plus blancs, le lipochrome tant chez les mâles que chez les femelles devenait plus pâle. La plume s’allongeait au fur et à mesure des générations puis des kystes apparurent régulièrement sur ces lignées.
Entre temps j’avais compris que ce facteur mosaïque supplémentaire avait été capté chez le gloster. Pour en avoir le cœur net je refis cet accouplement (mosaïque x gloster) et j’arrivais au même résultat. Je constatais aussi que la structure de la plume avait changé, d’étroite et assez allongée elle était passée à une plume plus élargie en bout.
 

Plume du dos d'un tarin rouge
Remarquer que les barbules permettent aux barbes d'être accrochées et que ces barbes  deviennent parallèles à l'axe de la plume et donnent une plume assez resserrée en pointe au bout
Plume du dos d'une femelle rouge mosaïque
Remarquons d'abord qu'il s'agit d'une plume courte mais très large et ronde: les barbes font à un angle 
de 70° par rapport au rachis. Dans cette plume il 
n'y a pas de pigment rouge visible ce qui donne sur l'oiseau et par recouvrement un manteau très blanc.
Plumes de dos d'une femelle mosaïque
Plumes très larges au bout
Forme différente de plume de dos
Cette plume prise sur une autre femelle mosaïque montre d'abord qu'elle contient du pigment rouge (teinte rouge pâle dans certaines barbes) mais surtout qu'on a ici une plume allongée et plus étroite au bout. Cela se rapproche des types de mosaïques originelles avant modifiaction par introduction du gloster et autre....

Il fallait donc supprimer les défauts apportés par cette origine tout en gardant les qualités. Il est nécessaire d’additionner en permanence le facteur quantitatif + le facteur qualitatif.
Le travail fait dans la décennie 80 et début des années 90
Pour ramener nos canaris mosaïques dans la bonne direction = raccourcir la plume et raviver la tonalité du lipo il fût recouru à nouveau au croisement canari mosaïque x tarin du Vénézuela. Certains firent même des croisements canari intensif x canari mosaïque. Par ce travail acharné le niveau de qualité remonta peu et à peu et la dérive vers les kystes stoppa. On prit aussi conscience que le temps où on cherchait à blanchir de plus en plus le manteau devait s’arrêter et qu’il convenait de s’attacher à la puissance de la tonalité lipo aux points d’élection notamment aux épaules et à la présence d’un net triangle de poitrine coloré et non pas une zone vaguement rosâtre. Les italiens nous précédèrent dans cette démarche aussi bien dans la série des lipochromes que chez les mosaïques mélanines. Une fois l’amélioration de ces éléments obtenus on peut dire que la majorité des éleveurs pratiquaient des accouplements par compensation c'est-à-dire chercher à chaque fois à compenser un défaut par un défaut opposé. Exemple : masque du mâle trop réduit x femelle ayant le lipo en avant de l’œil ou de légères moustaches rouges. Des mêmes couples il sortait tant bien que mal des sujets de concours dans les deux sexes, il y avait du déchet c’est certain mais peut-être pas plus qu’aujourd’hui avec les méthodes employées (lignées mâle ou femelle). Il faut dire qu’on demandait à un mâle d’expo d’avoir un bon lipo lumineux aux points d’élection tranchant sur un manteau craie, d’avoir un masque complet sans branches de lunettes mais on ne parlait pas encore de cerise (quel drôle de mot !)


Un très bon mâle rouge mosaïque
médaillé à Reggio-Emilia 2005
Le tournant des années 90, le passage au travail par lignées
C’est lorsqu’on a voulu écrire noir sur blanc ou plutôt visualiser par un dessin la conception internationale du mâle mosaïque que la « course à l’agrandissement du masque » a commencé. Le texte disait masque de chardonneret c'est-à-dire un masque rond mais ne précisait pas sa hauteur (que le front, monter à la verticale de l’œil, dépasser le niveau de l’œil …??). Chacun y alla de son interprétation et surtout on cherchait le spectaculaire. Et c’est vrai que plus le masque est haut et grand plus ça en jette. De loin on ne voit plus que le masque. Et n’importe qui même un néophyte peut dire : wouah, voilà un bel oiseau ! Dès ce moment des éleveurs italiens, quelques belges puis par imitation quelques français cherchèrent à agrandir en priorité ce masque. On changea la méthode d’accouplement, fini les croisements par compensation on passa aux croisements par accentuation. Cela veut dire qu’on est allé chercher dans l’autre sexe (femelle) des caractéristiques de mâle = marques de tête trop étendues. Des femelles considérées auparavant comme très fautives et qui étaient rejetées furent au contraire recherchées car elles possédaient des gènes de localisation du lipochrome différents. On se mit à parler de femelles de lignées mâles. Au départ celles-ci montraient juste du rouge sous le bec et en avant de l’oeil, mais au fur et à mesure des générations ces zones rouges s’étendaient inexorablement au point de ressembler de plus en plus au masque facial d’un mâle. A la suite seulement de ce travail sur les lignées mâles il fût envisagé de faire l’inverse pour produire des femelles de concours puisque les couples de lignées mâles ne produisaient plus aucune femelle d’expo. La conceptualisation de cette théorie ou la théorisation de cette conception est à l’actif du Club del Mosaico (club italien du mosaïque) qui depuis plus de 10 ans milite pour cette démarche. Tout ce qu’on entend et surtout lit en France actuellement sur ce sujet n’est qu’une copie du discours italien de ce club. On présente uniquement les avantages de cette démarche parfois même en les exagérant et jamais on n’en présente les inconvénients, les revers, les dérives biologiques ou éthiques… c’est pour cela que je parle de « pensée unique » car pour les responsables de divers clubs mosaïques tant en Italie qu’en France il y a des lignées mâles et des lignées femelles et en dehors de cela point de salut.
 

Mâle à petit masque
Femelle de lignée mâle

Analyse de la conception dominante d’aujourd’hui
Premier point : la constatation est qu’on utilise à chaque fois un sujet fautif d’un sexe pour accentuer la qualité de l’autre sexe. En d’autres termes un oiseau avec des défauts permettrait de sortir un oiseau parfait dans l’autre sexe. C’est alléchant mais le sujet obtenu est-il vraiment parfait ? Pour le travail en lignées femelles cela semble vrai car il y a maintenant de la part de certains éleveurs de mosaïques une vraie réflexion sur la plume et ils sortent de belles femelles naturellement. Mais en fait ils n’en sortent pas un plus grand pourcentage
qu’autrefois.
Deuxième point : êtes-vous sûr qu’ils sont parfaits ?
Les mâles issus des lignées mâles sont à première vue des oiseaux spectaculaires mais en regardant de plus près on s’aperçoit que la forme de la plume de ces oiseaux est carrée c'est-à-dire étroite à la base elle s’élargit à l’extrémité. Leur blanc n’est pas craie, beaucoup ont le manteau rosé.

Dos d'un mâle de concours
(à noter que le bas du dos présente du rouge visible)
Dos d'un mâle à petit masque
(à noter que le bas du dos présente moins de rouge visible)
Cela tient au fait que la forme de plume est toujours celle avec le bout arrondi plus ou moins large et aussi que la disposition du lipochrome dans cette plume a changé. Une plume de dos d’un mosaïque originel a bien sûr du pigment lipochromique rouge refoulé vers la base mais presque la moitié supérieure de la plume est blanche. Sur beaucoup de mosaïques actuels on remarque que cette zone colorée rouge remonte plus haut dans la plume, la partie blanche se réduit. Parfois même cette zone rougeâtre est dissymétrique, l’intérieur de la plume est coloré en biais, ça remonte plus haut d’un côté. Cele rend automatiquement le manteau rosé.
Plume du dos mâle de concours
Le pigment rouge est bien présent et placé symétriquement dans la plume. On voit que seul le quart supérieur de la plume est blanc.

Plume du dos mâle petit masque
Le pigment rouge est présent mais dilué et placé dissymétriquement dans la plume

              Ces mâles manquent presque tous du triangle de poitrine où leur lipochrome rouge est peu visible.


Mauvaise marque de poitrine
Sur ce mâle à grand masque on voit que la tache pectorale n'est pas conforme au standard, le rouge est trop refoulé. ce qui prouve que la sélection sur l'intensité et la taille du masque est indépendante de celle de la qualité de la marque de poitrine.






 


Bonne marque de poitrine
Sur ce mâle on voit que la tache pectorale est conforme au standard et forme un "triangle", le rouge étant de moins en moins visible en allant vers les flancs. Les flancs montrent toutefois encore trop de rouge. A noter que des flancs bien blancs sont une qualité si ceci n'est pas obtenu par "tricherie" = plumage de cette zone et repousse sans coloration. On voit parfois des flancs légèrement jaunâtres, preuves de ces manipulations.

En revanche le masque et les épaules de ces mâles sont visibles de très loin. On a l’impression en regardant ces oiseaux de ne voir qu’un masque et c’est d’ailleurs ce qui attire le néophyte.
 

Déjà chez ces mâles il apparaît des dérives. Le lipo est tellement puissant qu’il forme une collerette irisée derrière la tête.

Troisième point : on augmenterait le pourcentage de réussite
Si c’était vrai, vu le nombre d’éleveurs français qui élèvent des mosaïques et sachant que quasiment tous ont été convertis à ce travail par lignées on devrait trouver abondamment des canaris mosaïques de qualité dans nos concours. Et bien, ça ne saute pas aux yeux. Seulement une dizaine de bons sujets chaque année au championnat de France, 4 ou 5 éleveurs français qui sortent du lot. C’est assez maigre.
Quatrième point : pourquoi « tricher » en préparant les oiseaux d’expo
Oui je dis bien tricher. La première tricherie ou préparation consiste à blanchir le manteau pour faire ressortir le contraste. Ce blanchiment n’est pas qu’un simple lavage pour enlever des saletés sur le plumage mais au contraire un savant programme de prélavage, lavage, rinçage etc avec notamment l’introduction de substances bleutées venant se fixer sur la plume pour en accentuer la blancheur visuelle. Ceci n’est pas nouveau mais on aurait pu espérer que le savant travail de sélection par lignées aurait rendu cela inutile.
Deuxième tricherie elle concerne les femelles. Après la mue on arrête la coloration quelques jours puis on épile les zones colorées autour de l’œil pour ne laisser que la bonne ligne oculaire. Les nouvelles plumes repousseront en principe blanches. Cela se fait encore ce qui prouve que les femelles issues des lignées femelles ne sont pas toutes parfaites (cela n’a donc pas changé).
Troisième tricherie : elle concerne les mâles et à mes yeux elle est vraiment très grave. Et bizarrement à ce jour je n’ai vu en France aucun article qui le dit. Quel courage ! En effet, certains éleveurs et non des moindres plument ces mâles pour rendre leur manteau plus blanc en deuxième pousse de plumes. Certains vont même jusqu’à plumer deux fois. Cela se fait notamment en Italie (pays qu’on nous cite pourtant en exemple). J’ose espérer que nos compatriotes ne sont pas tentés de la faire. En Italie aussi certains utilisent des produits décolorants pour enlever les traces rosées dans le manteau des mâles. Cette année j’ai même entendu dire que certains utilisent de mini-scalpels pour râper les plumes rosées et les travailler une à une. C’est de la folie.  Veux- t’on cela comme finalité de l’élevage ?
Cinquième point : et l’avenir dans tout ça
Est-on sûr à force de chercher un aspect femelle de certains mâles et un aspect mâle chez certaines femelles de s’y retrouver ? Je connais des éleveurs qui ont du mal à reconnaître leurs vraies femelles par rapport aux mâles lignées femelles (ils sont obligés de se baser au chant). J’ai lu sur un blog internet belge que dans un stam de « mâles » médaillés dans un récent mondial se trouvaient deux sujets ayant ensuite pondu des œufs.
Je rappelle que si on a écrit deux standards différents pour le mâle et la femelle c’est parce qu’il y avait un vrai dimorphisme sexuel. Si nos apprentis sorciers font disparaître ce dimorphisme sexuel visible alors il faudra faire un seul standard pour le mosaïque : il faudra choisir entre l’aspect masqué ou l’aspect trait à l’œil. Ce n’est que pure honnêteté. Chacun sait par exemple que chez le rouge intensif on peut avoir des mâles sans givrage mais qu’on peut aussi avoir des femelles avec plein de petites écailles. On n’a pas pour autant créé deux standards différents car on estimait ce dimorphisme pas assez grand. Donc si on produit des femelles mosaïques à masque complet ou des mâles avec juste un petit triangle derrière l’œil on devra en tirer les conséquences et choisir un seul et unique standard appelé mosaïque (mais indépendant du sexe réel). Ou alors deux standards appelés A ou B mais sans aucune référence au sexe. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.



Elevage Barreiros, photo Castellot
Voici un magnifique mâle rouge mosaïque (grand masque complet, marques d'épaules excellentes avec une pureté et une profondeur de rouge excellentes). 
Le plumage est très serré ce qui explique qu'un peu de rouge transpire dans les flancs et au cou.
Les tenants de l'élevage par lignées vous diront qu'on ne peut avoir un mâle de ce niveau qu'en utilisant des femelles de lignée mâle (avec barre frontale etc etc).
Que nenni!
Regardez ci-dessous la mère de cet oiseau.

Elevage Espi, photo Castellot
Cette femelle est la mère du mâle d'au-dessus. on voit bien qu'il s'agit d'une femelle de concours dite "trait à l'oeil". 
Elle avait d'ailleurs remporté le concours d'Antibes 2004 avec 92 points.
Cette femelle est la fille d'un mâle de concours à grand masque.
Voici une preuve de plus qu'il n'y a pas que la voie unique du travail par lignées qui peut produire des oiseaux de concours.

Pour conclure, je dirais que je ne suis pas contre l’exploration de cette piste du travail par lignées mais de grâce que l’on n’en fasse pas la pensée unique. Que l’on pèse le pour et le contre et que cela s’exprime en toute transparence. Ne pas oublier aussi que si on l’applique aux canaris mélaniques comme cela commence ce sera la catastrophe car certaines modifications de structure de plume vont entraîner des modifications des dessins typiques des canaris mélanines. Un mâle mélanine mosaïque ce n’est pas un masque posé sur un canari avec des mélanines défectueuses : ça c’est la voie de la facilité et certains commencent déjà à l’emprunter. Je dis attention  et il faudra sans doute que j’y revienne dans un prochain article.
Quelques conseils
1. Dans vos croisements faites porter l’attention  sur la qualité du plumage : court et serré mais aussi sur la forme de la plume : éviter les plumes larges avec en bout des barbes écartées.
2. Choisir une tonalité rouge intense aux points d’élection, notamment les épaules, avec absence ou très peu de givrage.
3. Travailler et sélectionner la structure du squelette de vos oiseaux. La forme plutôt que la taille. Une tête arrondie permettra plus facilement l’expression du masque des mâles qu’une tête étroite. De même certaines souches de mosaïques ont les épaules légèrement décollées du corps ce qui permet de montrer les impacts des points d’élection des épaules. Et tout cela sans déplumer artificiellement autour de l’épaule.
Bon exemple de sujet avec épaules décollées
Il s'agit là d'un caractère fixé génétiquement et qui permet de mettre en évidence les marques aux épaules. Toutefois attention à ce que ce décollement soit discret (environ 2mm) sinon c'est sanctionnable comme défaut de forme.

 



04/01/2009
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